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L'immeuble Biraben rénové

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L’immeuble Biraben, implanté aux abords des vestiges des remparts de la vieille ville, est d’un intérêt architectural incontestable. Il est l’œuvre d’Albert Pomade.

Construit en 1920, en bordure de l’ancienne mine de sel, place des Salines, ce bâtiment emblématique de la cité thermale a été marqué par les événements et a longtemps été laissé à l’abandon, offrant une image peu valorisante au cœur de ville historique et commercial.


La Ville de Dax a obtenu le soutien de la Fondation du Patrimoine qui a mobiliser l’initiative publique par le biais d’une campagne de souscription.

 

Investigations Place des Salines

Suite à l'effondrement de la place de Salines de 1950 et 1979, un arrêté de péril a été prononcé et l'immeuble évacué. Des études par satellite menées sur plusieurs années ont démontré la stabilité du site.

 

 


 

Les investigations ont été engagées par le Bureau de Recherches Géologiques et Minières, pour le compte de l'Etat.

 

Pour cela, l'entreprise de sondages Cofor a réalisé 5 sondages :

 

  • Trois sondages profonds de 16 m qui ont traversé l'ensemble des alluvions déposées par l'Adour et vérifier la présence d'eau, son niveau et son importance.
     
  • Deux forages plus importants conduits à une profondeur de 84 m, au-dessous du fond de l'ancienne mine. L'un de ces sondages a été réalisé au pied de l'immeuble Biraben. Des carottes de terrain ont été prélevées sur presque toute la hauteur de ces deux forages, afin de connaître avec exactitude la nature et les caractéristiques des terrains traversés.

 

Des contrôles particuliers ont également été conduits dans chaque sondage pour compléter le diagnostic : mesure de la température, de la conductivité, gamma-ray, prélèvement d'échantillons pour mesures en laboratoire, prélèvements d'eau, ... Les cavités éventuellement rencontrées ont été inspectées grâce à un sonar.

 

Une fois les trois premiers sondages (piézomètres) réalisés, les experts ont confirmé la présence d'une eau abondante dans les alluvions, entre 10 et 15m de profondeur. C'est cette eau qui alimentait autrefois les fontaines et les lavoirs installés au pied des remparts et que drainaient les fossés pour la conduire vers l'Adour.

 

C'est le bureau d'études Antea, ex-filiale du BRGM, qui a été chargé de la maîtrise d'oeuvre.

 

Un état des lieux établi par huissier a été effectué avant tout commencement des sondages afin de pouvoir évaluer, en cas de besoin, l'impact des travaux sur les immeubles et ouvrages environnants.

 

L'évaluation des tassements de la place font l'objet de mesures de nivellement très précises, sur une dizaine de points répartis sur le site. Et ce, sur une durée de 5 ans.

 

Restauration de l'immeuble Biraben

Pendant plusieurs mois, les façades salies par les intempéries et la pollution, ont bénéficié d’un nettoyage et la toiture a été entièrement refaite. C’était capital pour la sauvegarde générale du bâtiment où les infiltrations menaçaient évidemment toute la structure.
 
La charpente a été révisée et la couverture totalement rénovée. Les « tabatières» (petits châssis vitrés ayant la même inclinaison que le pan de toiture) ont été remises en état et restituées dans l'esprit du bâtiment. Un travail particulier a été engagé également sur les « mitres » qui constituent le couronnement des souches de cheminée.
 
Les éléments existants ont été restaurés et ceux manquants ont été réalisés sur mesure, dans un atelier de poterie, en terre cuite vernissée à partir du modèle des mitres existant.
 
Consolidation des angles en partie fracturés, traitement des soubassements, restauration des maçonneries en pierre de taille, sablage des ferronneries, traitement des parties enduites et mise en peinture ont été entrepris : rien n’a été négligé dans ce grand chantier pour lequel la ville de Dax a fait appel à un cabinet d'architectes spécialisés dans les travaux de restauration. Il s’agit de « Architectures Patrimoine » du Bouscat qui a coordonné l'ensemble de ce chantier suivi sur le site par Philippe Le Blanc, architecte du Patrimoine.
 
Le choix de la coloration des façades s'est fait en concertation avec M. Faivre, Architecte des Bâtiments de France. Après plusieurs essais réalisés in situ, une peinture minérale d'un ton « ombre naturelle claire » a été choisie pour être appliquée à l'ensemble des enduits des façades. Les volets métalliques et les menuiseries bois ont, quant à eux reçu, une peinture d'un ton gris clair pour retrouver la couleur d'origine, les garde-corps métalliques un ton brun et les portes d'entrée un brun marron glacé. Les éléments de décor en pierre de taille, quant à eux, ont été consolidés, nettoyés et restaurés avant qu'un badigeon de chaux ton pierre clair ne leur soit appliqué. 
 
Les travaux ont mobilisé trois entreprises locales (Tastet, Lalanne, Lannebère) et une entreprise girondine (TMH) spécialisée dans la rénovation de monuments historiques et bâtiments en pierre de taille.